
En bref
- L'impôt sur les sociétés est prélevé sur les bénéfices des sociétés de capitaux, au taux normal de 25 % en 2026.
- Un taux réduit de 15 % s'applique aux PME sur les premiers 42 500 € de bénéfice, sous conditions de chiffre d'affaires et de détention du capital.
- Un amendement voté à l'Assemblée nationale propose de porter ce plafond à 100 000 €, mais son inscription définitive dans la loi de finances 2026 reste à confirmer.
- Une contribution sociale additionnelle de 3,3 % frappe les grosses PME dont l'IS dépasse 763 000 €.
- La liasse fiscale des exercices clos au 31 décembre 2025 se dépose au plus tard le 20 mai 2026.
Personne ne vous a jamais expliqué l'impôt sur les sociétés en vous regardant dans les yeux. Alors on s'y colle. L'IS, c'est le péage que toute société de capitaux paie sur ses bénéfices, rien de plus. Vous encaissez du résultat, l'État prend sa part, et le taux, les seuils, les dates de paiement suivent des règles précises qu'on va vous expliquer sans jargon inutile. Un chef d'entreprise qui ne comprend pas sa fiscalité navigue à l'aveugle. Et en 2026, naviguer à l'aveugle coûte cher.
Impôt sur les sociétés : de quoi parle-t-on exactement ?
L'impôt sur les sociétés (IS), c'est un prélèvement annuel sur les bénéfices réalisés en France. Il vise les sociétés de capitaux : les SA, SAS et SARL y sont soumises de plein droit. Les entreprises individuelles et certaines sociétés de personnes, elles, relèvent par défaut de l'impôt sur le revenu (IR), avec la possibilité pour des structures comme l'EURL ou la SNC d'opter pour l'IS si l'intérêt fiscal le justifie (economie.gouv.fr). Deux logiques d'imposition, deux philosophies : l'IR taxe le dirigeant, l'IS taxe la personne morale. Les confondre, c'est confondre votre portefeuille et le coffre-fort de l'entreprise.
En 2026, le taux normal est fixé à 25 %, pour toutes les entreprises, quel que soit leur chiffre d'affaires (Legalstart, Compta-Online, Clémentine). Fini le temps des taux à géométrie variable selon la taille : la même barre s'impose au garage associatif comme à la PME qui cartonne.
Qui est concerné : sociétés de plein droit et sociétés sur option
Trois catégories cohabitent. Les sociétés soumises de plein droit (SA, SAS, SARL). Celles qui peuvent opter pour l'IS (EURL, SNC, sociétés civiles sous conditions). Et celles qui restent hors du champ de l'IS, sauf montage spécifique. Le choix n'est jamais anodin : opter pour l'IS permet parfois de lisser la trésorerie d'un groupe, et parfois de se tirer une balle dans le pied fiscal. À arbitrer avec un expert-comptable, pas au doigt mouillé. Précisons-le d'emblée : rien dans cet article ne remplace un conseil personnalisé, chaque situation a ses propres seuils à vérifier.
Le taux normal et le taux réduit PME : ce que vous payez réellement
Voici l'architecture réelle du prélèvement sur les bénéfices en 2026 :
| Tranche de bénéfice | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 42 500 €, si la PME est éligible | 15 % |
| Au-delà de 42 500 €, ou taux normal pour toutes les autres sociétés | 25 % |
(Legalstart, LégiFiscal, L'Expert-comptable)
Le taux réduit n'est pas un cadeau automatique. Il faut cocher toutes les cases. Sinon, vous payez plein pot dès le premier euro.
Les conditions d'éligibilité au taux réduit de 15 %
Trois conditions cumulatives : un chiffre d'affaires hors taxes inférieur ou égal à 10 millions d'euros, un capital entièrement libéré, et ce capital détenu à 75 % minimum par des personnes physiques (ou par une société elle-même détenue à 75 % par des personnes physiques). Un détail qui change tout pour les groupes : depuis peu, le chiffre d'affaires s'apprécie au niveau du groupe, pas de la seule filiale (impots.gouv.fr). Une jolie PME filiale d'un gros groupe ne joue donc plus dans la même cour que le taux réduit, même si sur le papier elle a l'air toute petite.
La revalorisation du plafond à 100 000 € : où en est-on en 2026 ?
C'est là que la fiscalité des entreprises devient un feuilleton parlementaire. Un amendement (n° I-2531, porté par le groupe Socialistes) a été adopté à l'Assemblée nationale pour relever le plafond du taux réduit de 42 500 € à 100 000 €. L'économie serait de l'ordre de 5 750 € par exercice pour les PME concernées, selon les chiffres avancés par l'Assemblée nationale. Sur le papier, c'est une bouffée d'air pour les entreprises en croissance qui butent contre le plafond actuel.
Sur le papier seulement. La loi de finances pour 2026 a été publiée au Journal officiel le 20 février 2026, après validation du Conseil constitutionnel, et certaines sources de référence, dont LégiFiscal, maintiennent encore le seuil à 42 500 € dans leurs barèmes 2026. Autrement dit : l'amendement a été voté en commission, mais son atterrissage définitif dans le texte promulgué n'est pas garanti. Ne présentez jamais ce plafond de 100 000 € comme acquis face à un client ou un partenaire sans avoir vérifié la version consolidée en vigueur. En fiscalité, entre l'amendement voté et la loi promulguée, il y a parfois un monde.
La contribution sociale de 3,3 % : le piège des grosses PME
Deux seuils, deux logiques. Et une confusion fréquente qui coûte cher en anticipation de trésorerie.
| Seuil | Mécanisme |
|---|---|
| IS dû > 763 000 € | Déclenche la contribution sociale de 3,3 % sur (IS dû − 763 000 €) |
| Chiffre d'affaires ≤ 7 630 000 € | Exonère totalement de cette contribution |
La contribution sociale sur l'IS n'est pas un nouvel impôt déguisé. C'est une rallonge qui vise les entreprises ayant franchi un cap de rentabilité conséquent (LégiFiscal, Service-Public.gouv.fr, BOFiP). Le seuil de chiffre d'affaires ici, 7,63 millions d'euros, n'a rien à voir avec les 10 millions d'euros qui conditionnent le taux réduit de 15 %. Deux garde-fous, deux montants : ne les mélangez pas dans vos projections.
Calendrier de déclaration et de paiement de l'IS en 2026
La taxation des sociétés suit un calendrier strict, cadencé par la date de clôture de l'exercice. Pour les sociétés closes au 31 décembre 2025, la liasse fiscale se dépose au plus tard le 20 mai 2026 en télédéclaration, ou le 5 mai 2026 en version papier (impots.gouv.fr, LégiFiscal).
Côté paiement, quatre acomptes trimestriels rythment l'année : 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre 2026. Le solde de l'impôt sur les sociétés, pour les exercices clos au 31 décembre 2025, doit être réglé avant le 15 mai 2026 (Indy, L'Expert-comptable). Ratez une échéance, et les majorations tombent aussi sèchement qu'un appel de marge un lundi matin.
Le cas des exercices à clôture décalée (délai de 90 jours)
Toutes les sociétés ne clôturent pas au 31 décembre. Pour celles à exercice décalé, le délai de dépôt de la déclaration de résultats court sur 90 jours après la date de clôture. Autrement dit : arrêtez de calquer aveuglément le calendrier du 20 mai sur votre propre entreprise si votre exercice tombe en juin ou en septembre. Le calendrier fiscal colle à votre clôture, pas l'inverse.
Repérer les entreprises en fragilité de trésorerie derrière l'IS
Voici la vraie leçon que trente ans de finance d'entreprise nous ont apprise : le bénéfice imposable affiché n'est jamais la trésorerie réelle. La fiche trésorerie nette explique comment cette donnée se lit dans le bilan. Une société peut afficher un joli résultat, payer son impôt sur les sociétés rubis sur l'ongle, et se retrouver quelques mois plus tard en cessation de paiements. Le bénéfice, c'est du papier. La trésorerie, c'est du sang.
C'est exactement ce que grapr traque. Chaque dépôt de comptes capté quotidiennement via le BODACC déclenche une lecture des bilans à l'INPI RNE : disponibilités réelles, capitaux propres, résultat et chiffre d'affaires historisés. L'excédent de trésorerie d'exploitation aide à interpréter cet argent au regard de l'activité. Derrière ces chiffres bruts, des ratios calculés (EBE, marge, CAF, endettement, liquidité, BFR, délais clients et fournisseurs) donnent une lecture de la santé réelle d'une entreprise, bien au-delà de sa ligne d'impôt sur les sociétés. Ces données viennent de registres publics officiels et gratuits (BODACC, INPI, INSEE Sirene), pas d'une boule de cristal. La page Nos données détaille la provenance de ces sources. Prospecter ou surveiller la trésorerie réelle des sociétés vous intéresse ? Les conseillers en gestion de patrimoine y trouvent les dirigeants assis sur du cash à placer : voici grapr en logiciel de prospection CGP. Une demande d'accès à grapr se fait via la liste d'attente sur grapr.io, dans la limite des places disponibles par territoire.
Ce qu'il faut retenir
L'impôt sur les sociétés n'est pas un taux unique gravé dans le marbre. C'est un jeu de seuils : 25 % en taux normal, 15 % en taux réduit sous conditions, une contribution de 3,3 % pour les grosses PME, et un calendrier calé sur votre date de clôture. Le plafond à 100 000 € reste à confirmer dans la loi promulguée. Retenez surtout ceci : le vrai indicateur de santé d'une entreprise ne se lit jamais dans sa feuille d'impôt. Il se lit dans sa trésorerie. Et ce constat, comme tout ce qui précède, reste une lecture d'ensemble : pour vos décisions de gestion, vérifiez toujours votre cas réel avec votre expert-comptable.
FAQ
Quelle est la différence entre l'IS et l'impôt sur le revenu pour une entreprise ?
L'impôt sur les sociétés vise la personne morale (SA, SAS, SARL de plein droit), tandis que l'IR s'applique par défaut aux entreprises individuelles et à certaines sociétés de personnes. Certaines structures comme l'EURL ou la SNC peuvent opter pour l'IS si cela leur est fiscalement favorable.
Qui peut bénéficier du taux réduit de 15 % ?
Les entreprises dont le chiffre d'affaires hors taxes ne dépasse pas 10 millions d'euros, au capital entièrement libéré et détenu à 75 % minimum par des personnes physiques. Le taux réduit s'applique sur la tranche de bénéfice jusqu'à 42 500 €, le reste étant taxé à 25 %.
Le plafond du taux réduit passera-t-il vraiment à 100 000 € en 2026 ?
Un amendement en ce sens a été voté à l'Assemblée nationale, mais son inscription définitive dans la loi de finances 2026 promulguée le 20 février 2026 n'est pas confirmée par toutes les sources. Vérifiez la version consolidée en vigueur avant d'en faire une hypothèse de gestion.
Quand payer le solde de l'impôt sur les sociétés en 2026 ?
Pour les exercices clos au 31 décembre 2025, le solde doit être réglé avant le 15 mai 2026, après quatre acomptes trimestriels versés en mars, juin, septembre et décembre 2026.
La contribution sociale de 3,3 % concerne-t-elle toutes les entreprises ?
Non. Elle ne frappe que les sociétés dont l'IS dû dépasse 763 000 €, et une exonération totale s'applique si le chiffre d'affaires reste sous 7,63 millions d'euros, un seuil distinct de celui du taux réduit à 10 millions d'euros.